ALEXIS ARMENGOL

THÉÂTRE À CRU

SCHIZO – CELUI QU’IL HABITE

Titre plus que provisoire

Création novembre 2020

ACCOMPAGNÉ PAR LA GESTION DES SPECTACLES
ACCÈS FICHE ARTISTE
 
PHOTO : Spectacle 7 fois dans ta bouche, 2005

INTENTION

Ce ne sera pas un spectacle-étude sur la maladie mentale ou la schizophrénie, mais une fiction, une transposition théâtrale, nous chercherons notre langue, encore une fois, avec une nouvelle impulsion : trouver une langue qui nous parlerait de la personne schizophrène, dans laquelle nous pourrons mettre toute notre sensibilité et notre humour ; cela-là même qui nous rassemble, me semble t-il. Nous ne chercherons pas un inventaire des causes possibles de la maladie mais à entendre quelque chose de la précarité humaine qu’exprime la réaction schizophrénique. Une dangereuse précarité, pourtant quelques fois indispensable : « le précaire c’est la base de l’organisationnelle. Si dans un hôpital il n’y a pas de précaire, c’est un camp (de concentration) ». Je cite encore Jean Oury parce que son humanité m’a frappé, ému aux larmes, parce qu’il représente sans doute une approche de la psychiatrie à la hauteur de la fragilité humaine, parce que la clinique de La Borde de Cour-Cheverny, qu’il ouvrit en 1953, met en œuvre et en acte une autre institution. C’est le contraste avec notre actualité, qui aujourd’hui me frappe ! Et ce coup orientera notre projet théâtral. La précarité, la vulnérabilité, seraient sans doute moins redoutable si nous savions prendre soin, c’est-à-dire écouter ce qu’elles renferment de richesse. Dans notre société elles annoncent souvent une catastrophe.

Avec le fou,
le malade mental,
le schizo,
la catastrophe a déjà eu lieu,
cette catastrophe n’est pas forcément quelque chose de l’ordre de l’extraordinaire,
mais tout s’écroule.
On peut appeler ça une « expérience délirante »,
mais surtout,
tout s’écroule.
Ça ne redevient jamais comme avant.

« Le temps lui-même change… Il peut y avoir accélération, comme dans un film que l’on passerait trop vite – mais c’est vécu. Il y a des variations aussi bien temporelles que spatiales. Il y a une déstructuration. Mais plus c’est violent, moins c’est grave : les catastrophes les plus graves sont les plus insidieuses – elles peuvent se produire en plusieurs jours, plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Cela s’effondre progressivement… Puis, tout à coup, on se dit : « Tiens, ce n’est plus le même ! ». C’est-à-dire qu’il y a un changement absolu au niveau même des dimensions essentielles de la personne – autrement dit, une mutation. Nous pouvons dire que cette mutation est l’effet de la catastrophe existentielle. » J. Oury

Sur scène, un duo : Alexandre Le Nours et Laurent Seron-Keller

La figure du duo me fascine, parce qu’elle est polysémique, c’est ce que j’avais découvert avec une immense joie en 2005 dans 7 fois dans ta bouche. L’essence du duo, c’est l’Autre, c’est évident, une évidence même frappante sur un plateau. Cet Autre peut être un frère, un étranger, un ami, un incompréhensible qui se colle à nous, ou mille autres figures qui, certaines fois, en un clignement d’yeux, se rassemblent toutes. En 2005, 7 fois dans ta bouche, c’était déjà avec Alexandre Le Nours et Laurent Seron-Keller : nous découvrions avec cette pièce sur la parole notre grammaire scénique, dont l’humour est un levier essentiel. Nous avons vécu un certain nombre de traversées théâtrales depuis, ensemble ou séparément. Aujourd’hui, je veux m’appuyer sur notre culture commune comme sur les particularités individuelles de chacun, pour visiter notre sujet si particulier, cette maladie appelée schizophrénie, qui impose de trouver une écriture qui lui est propre. Nous porterons d’ailleurs notre regard toujours au delà de la maladie, sur la personne, nous chercherons ce qu’elle nous raconte de l’être, de son environnement, de ses appuis et de ses adversités. Nous pourrions écrire maintenant la chose à l’endroit et dire que c’est une pièce sur deux personnes, l’une sans doute malade, l’autre non, – ou inversement. La schizophrénie et ses symptômes quelques fois spectaculaires, la scission de l’être qu’elle provoque – je pense au moi divisé de R.D. Laing, ou au moi explosé d’Elyn Saks -, seraient notre interface pour découvrir l’humanité reflétée par ces deux hommes, adversaires ou amis.

« Je suis super content que Schizo soit un duo. L’idée de revisiter notre histoire, de glisser d’un spectacle à l’autre, 15 ans plus tard, est une somptueuse confiance au temps qui passe. »

Texto d’Alexandre mercredi 25 septembre 2019.

Création en novembre 2020

J’en suis aujourd’hui à lire, me nourrir, rencontrer des personnes diagnostiquées schizophrènes, un frère de, une soeur de… et j’apprends en Licence de psychologie clinique, en étant stagiaire au CMPP d’Ivry (Centre médico psycho pédagogique). J’absorbe passionnément tout ce que je peux trouver sur le sujet pour que nous inventions avec Laurent, Alexandre – et tout ceux qui nous accompagneront en création – une histoire singulière. Une fiction, ce n’est pas si fréquent que ça à Théâtre à cru.

Alexis Armengol – 27.09.19

 

 

SCHIZO – Celui qu’il habite 

Titre plus que provisoire 

Conception et mise en scène
Alexis Armengol

Avec
Alexandre Le Nours
et Laurent Serron Keller

MENTIONS DE PRODUCTION

Producteur
Théâtre à cru

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Administration et production :

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06 71 41 72 19